Les geta, les chaussures japonaises traditionnelles

Les geta, les chaussures japonaises traditionnelles

Les chaussures japonaises en bois geta font partie de ces objets qui fascinent nos yeux d’occidentaux. Ces tongs en bois sont à mille lieux des chaussures que nous portons habituellement. Avec leur semelle en bois elles peuvent dépasser les 20 cm de hauteur. Découvrons ensemble tout ce qu’il faut savoir sur la chaussure geta.

Les geta c’est quoi ?

Les geta sont des sandales japonaises en bois. Ces chaussures traditionnelles ont une épaisse semelle en bois et une lanière en tissu qui passe entre les orteils, comme pour des tongs. La semelle s’appelle « dai », les dents « ha » et la lanière en tissu « hanao ».

geta

On les porte le plus souvent avec un kimono ou un yukata pendant les matsuri (les fêtes traditionnelles), mais elles peuvent très bien s’accorder avec les vêtements occidentaux. Il y a différents types de geta que l’on porte selon son statut social ou selon l’occasion.

Certaines geta peuvent avoir deux dents sous la semelle, une seule ou aucune dent. La taille des dents peut varier et ces dernières peuvent également être munie d’un revêtement en caoutchouc qui évite les glissages et préserve le bois.

Ces sandales étaient les chaussures les plus portées par les Japonais jusqu’au milieu des années 50. Dans toutes les habitations on trouvait un meuble à geta près de l’entrée. Aujourd’hui ce meuble à chaussures porte encore le nom de « getabako ».

Les différentes parties de la chaussure

La semelle de la tong japonaise en bois s’appelle « Dai ». Le plus souvent cette partie est en bois, mais peut parfois être en paille de riz. C’est le cas pour les sandales zōri. Le socle de la chaussure a 3 trous pour laisser passer les hanao.

geta chaussures traditionnelles

Les hanao sont les lanières de la sandale. Elles sont en soie pour les geishas, avec un code couleur symbolisant le statut de la jeune femme. La largeur varie de 1,8 cm à 3 cm (de 1,5 cm à 1,6 cm pour les enfants). Le hanao est attaché au dai de la sandale avec des cordes et une fleur de métal dorée.

Les ha, sont les dents de la sandale. Elles produisent un son de claquement typique quand on marche. Le nombre de dents de la tong japonaise varie selon le type de geta, tout comme la hauteur de la chaussure. Sachez que l’on peut ajouter un revêtement en caoutchouc sur les dents de la chaussure. Cela permet d’éviter de glisser, de faire moins de bruit en marchant et de préserver le bois.

Comment porter ces tongs en bois ?

Tengu geta
Tengu geta

Quand ils revêtent un kimono, les Japonais peuvent porter les geta en bois avec des chaussettes appelées « tabi ». Ce sont ces chaussettes japonaises pour tong qui séparent le gros orteil. Ces chaussettes sont traditionnellement blanches, mais on trouve des variations modernes avec des motifs kawaii, des motifs à fleurs, des motifs géométriques… En bref il y a des tabi pour tous les goûts !

Les geta se portent pieds nus avec un yukata, ce kimono léger pour l’été. On peut voir (et entendre) les geta pendant les évènements estivaux, les feux d’artifices, ainsi que dans les sources thermales.

Les tongs japonaises sont mixtes, cependant les couleurs des lanières peuvent être plus sombres pour les hommes.

Si vous voyez un Japonais porter ces sandales typiques, vous aurez l’impression qu’elles ne sont pas à sa taille. En fait, les geta se portent avec le pied qui dépasse de 1,5 à 2 cm à l’arrière.

Une autre caractéristique de ces sandales est qu’on ne différencie pas le pieds gauche du pied droit. Vous pourrez donc les enfiler rapidement.

Les avantages de cette chaussure

Enfin sachez que nos amis nippons attribuent certains bienfaits au port des geta. Le premier avantage de ce type de chaussures est que vous éviterez de vous salir les pieds, étant donné qu’elles sont surélevées. Le deuxième point positif est que votre pied n’est pas compressé comme avec les chaussures fermées. Il reste libre et aéré toute la journée. On prête aux geta d’autres vertus, comme le fait de favoriser une bonne posture sans effort et de stimuler des points d’acupuncture sur les pieds.

Marcher avec des geta peut également être une expérience relaxante, puisque cela oblige à marcher plus lentement. On peut ainsi profiter pleinement de sa promenade et du paysage en faisant une vraie pause.

Enfin, ces sandales sont éco-friendly et durables, puisqu’on peut réparer l’usure du bois et remplacer la lanière au besoin.

Les meilleures ventes de geta

Il existe différents styles de sandales en bois

Que vous les aimiez traditionnelles ou bien modernes, vous trouverez forcément chaussure à votre pied avec les geta. Portez ces chaussures à la japonaise ou adaptez-les à vos tenues occidentales facilement. Quels que soient vos goûts, vous pourrez trouver un grand choix de sandales japonaises en bois sur Amazon.

Les Hiyori geta, les plus connues

Ce premier genre de sandales est sans doute le plus représentatif des chaussures japonaises en bois. Il s’agit de la sandale à 2 dents, dont chacune mesure à peu près 5 cm. Elles sont fabriquées avec un seul bloc de bois. Ce sont des chaussures mixtes pouvant convenir aux femmes, aux hommes et aux enfants. La semelle de la version féminine est légèrement arrondie, tandis que la geta pour homme est plus carrée. Ces chaussures se marient parfaitement avec un kimono ou avec un yukata (pour les situations informelles), mais vous pouvez également la porter avec des vêtements de style occidental. Pour les jours de pluie, on ajoutait un couvre-orteils à ces chaussures qui devenaient alors des « Ama Geta ». Avec cet accessoire, les sandales ressemblaient à des demi-sabots.

Les tengu geta, les plus périlleuses

Cette chaussure traditionnelle du Japon est reconnaissable à sa dent centrale qui peut mesurer de 9 à 15 cm. Ces chaussures sont généralement réservées aux artistes, qui les utilisent lors de danses traditionnelles. Le moins qu’on puisse dire c’est que ces chaussures font travailler l’équilibre !

Les mitsu-ashi ou oiran geta 

Vous ne verrez que très rarement ce type de chaussures au Japon car on les porte rarement en dehors des festivals. Avec leurs 3 dents de 22 cm, ces chaussures en bois sont recouvertes de laque noire. Elles sont bien plus hautes et imposantes que les autres geta. Pendant l’ère Edo, elles étaient réservées aux oiran, les courtisanes de l’époque.

Les Bankara geta, pour les étudiants

Ce style de chaussures ressemble trait pour trait aux Hiyori geta. La première différence entre les deux modèles est la taille des dents, qui sont plus hautes sur les Bankara. À la différence des Hiyori geta, celles-ci ne sont pas d’un seul bloc de bois et les dents sont remplaçables. Ce sont surtout les étudiants qui portent ces tongs traditionnelles.

Les Senryou geta, pour la chance

On utilise un seul bloc de bois pour fabriquer ces chaussures. Elles sont reconnaissables à la partie avant de la semelle qui est en biais. Elles étaient très populaires à Tokyo pendant l’ère Meiji. À l’époque, le kanji de « Senryou » avait le sens de « occupation ». Cette période était en effet celle où le Japon, après avoir gagné la guerre contre la Russie, occupait de nombreux pays. Les Japonais ont ensuite changé le kanji associé à ces chaussures, pour un autre, jugé plus doux et accueillant. Le son du nouveau kanji resta le même mais sa signification changea pour « chance ». De nos jours, « Senryou » veut dire 1000 (pour sen) et ryō (une ancienne monnaie).

Les Okobo geta, pour les maiko

On les appelle aussi pokkuri (qui est l’onomatopée du bruit qu’elles produisent sur le sol), bokkuri ou encore koppori geta. Les maiko (les apprenties geishas) les portent durant leurs études. On les fabrique à partir d’un bloc de bois (saule ou paulownia).

okobo geta

Elles mesurent une dizaine de cm. Cette hauteur permet d’éviter à un kimono souvent coûteux de trainer sur le sol. Les lanières sont en soie avec un code couleur particulier.

Les lanières rouges sont portées par les apprenties, tandis que les lanières jaunes, roses ou bleues sont réservées à celles qui ont bientôt terminé leur apprentissage.

Il peut y avoir une clochette dans la semelle qui est creuse. Les mariées avec une tenue traditionnelle ou les petites filles peuvent également porter ces sandales.

Les menkoi geta, pour les jeunes enfants

Cette chaussure nippone est une sandale pour enfant. On peut offrir une paire de menkoi geta comme cadeau de naissance. Dans le nord de Honshu, l’île principale du Japon, le mot menkoi a la même signification de kawaii, qui veut dire mignon. Ces sandales ressemblent à la Senryou geta avec une coupe oblique sur l’avant, tandis que la partie en bois est arrondie. Elles sont plus basses et sont également plus larges afin d’être plus stables.

Les ukon geta, les plus modernes

Le terme ukon geta regroupe toutes les versions modernes de la geta japonaise. Ces chaussures sont en général plus faciles à porter. Elles ont une semelle plate, comme des claquettes. On peut les porter avec une tenue moderne ou avec un kimono. Elles peuvent aussi faire office de chaussons pour l’intérieur.

Les itaura geta, les plus rares

Cette version de la sandale geta n’est pratiquement plus portée au Japon. La semelle ressemble à un mille-pattes avec une partie supérieure en paille de riz. Ces chaussures se portaient sur un navire ou bien dans une salle des machines. La conception de ce modèle évitait de se blesser les pieds avec des parties de fer ou d’autres débits.

La fabrication des sandales en bois japonaises

Pour fabriquer les kiri geta on utilise du bois de paulownia, que l’on fait sécher pendant un peu plus d’un an. On empile les cubes de bois en forme de tour, de façon à les laisser respirer. À l’époque où les Japonais portaient ces sandales quotidiennement, ces tours de bois pouvaient faire plusieurs mètres de hauteur. On coupe ensuite le bois en bloc de la longueur de la chaussure. À l’aide d’une machine, on découpe et on taille le bloc pour obtenir les deux sandales, puis l’artisan façonne et polit le bois.

On perce ensuite 3 trous, qui serviront à faire passer les lanières de la chaussure. Après cela, les sandales sont cirées ou laquées. Finalement on ajoute les lanières dites hanao avec le fameux fermoir doré sur le dessous de la chaussure. La ville d’Hiroshima produit actuellement 60% des geta japonaises. On trouve aussi des fabricants dans la ville de Hita et dans d’autres régions comme Fukushima, Niigata ou encore Akita et la préfecture de Nagano, comme dans la vidéo ci-dessous.

Maintenant que vous en savez plus sur les geta japonaises, vous pourrez repérer les différents types de sandales dans le cinéma japonais, dans les mangas ou dans la rue, si vous séjournez au pays du soleil levant.

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